Mesures innovantes d'adaptation au changement climatique

Les mesures d’adaptation au changement climatique sont des initiatives et actions prises afin d’éviter ou réduire les dommages, ou exploiter des opportunités bénéfiques des effets du changement climatique. Le projet ACCES, a promu des mesures d'adaptation inovantes en concertation avec la population :

- Cultures adaptées au changement climatique :  l’utilisation des semences de cultures adaptées à la sècheresse ou aux fortes pluies, permet de renforcer la résilience des populations.

Gestion des risques et prévention des catastrophes :  Afin de réduire la vulnérabilité de la

population burundaise aux évènements climatiques extrêmes, la mise en place d’un système d’information qui permet à la population d’accéder aux prévisions météorologiques et à l’alerte précoce en cas d’événements climatiques extrêmes est primordiale.

- Toilettes Akasuga :  La latrine écologique appelée AKASUGA permet la récupération séparée des excrétas humains solides et liquides.pour améliorer la fertilité des sols.

- Foyers améliorés à bois :  la diffusion et l’utilisation des foyers améliorés contribuent à l’allègement de la déforestation et de la dégradation des ressources ligneuse

- Prévisions saisonnières : la diffusion des PS est un facteur déterminant des décisions de l'agri-éleveur.

 

•Planification participatives et accompagnement des mesures ACC avec la population et l'administration locale pour une bonne acceptation

•Intégration de la dimension genre dans toutes les activités ACC afin que les femmes jouent un rôle prépondérant dans la mise en oeuvre des ces mesures

•Sensibilisation, formation et renfocement des capacités ont permis aux différents acteurs et bénéficiaires de s'approrier les nouvelles mesures ACC.

 

  • Ne pas reculer devant certains tabous culturels ou craintes mais écouter, comprendre et expliquer à la population les atouts d'une telle mesure (cas des latrines akasuga) qui rencontre maintenant un vif succès après s'être heurtée aux réticences de la population et de l'administration communale.
Autonomie

La forêt comestible urbaine représente la capacité de résilience de la ville par rapport aux changements climatiques et aux problèmes de sécurité alimentaire. Elle doit donc elle-même être résiliente, peu vulnérable (aux maladies, aux problèmes environnementaux ou de gouvernance), et le plus possible autonome (en énergie, en nutriments, en eau).

Notre système nécessite peu de ressources extérieures en eau et en nutriments. L’eau de pluie est récupérée via un collecteur, puis réutilisée pour remplir la mare, nettoyer les outils et arroser les plantes. Les branches et les feuilles mortes, les épluchures et les mauvaises herbes sont compostées dans plusieurs bacs, puis transformées en compost de très bonne qualité apportant aux plantes tous les nutriments dont elles ont besoin.

La forêt comestible est constituée de « guildes », chacune composée de plusieurs étages de végétation qui collaborent et s’aident mutuellement à pousser plus vite et plus fort. On y retrouve des plantes mellifères permettant d’attirer les pollinisateurs, des plantes fixatrices d’azote, des plantes qui recouvrent le sol empêchant ainsi l’apparition des mauvaises herbes. Par conséquent, la forêt comestible est un système résilient aux aléas climatiques et dont l’entretien nécessite peu d’énergie humaine.

1.Une autonomie en eau grâce au système de collecte d’eau de pluie

2.Une autonomie en nutriments et un cycle de gestion des déchets grâce aux bacs à compost

3.Collaboration et entraide entre les plantes grâce au compagnonnage et aux guildes de permaculture.

Au début, comme les volontaires n’étaient familiarisés ni avec la façon de faire un compost, ni avec le concept des bonnes associations de plantes, nous avons organisé des « Work Party » pour leur apprendre les techniques et les principes d’une agriculture naturelle. À présent, ils sont capables d’entretenir le compost, choisissent les bonnes combinaisons de plantes, et peuvent à leur tour transmettre ces bonnes pratiques aux visiteurs et aux médias.

Une forêt comestible a besoin de temps avant de devenir totalement autonome. Nous nous reposons encore partiellement sur le réseau d’eau courante de la ville, surtout en cas d’absence de précipitations. Et les volontaires ne sont pas encore équipés des connaissances nécessaires à la résolution de certains problèmes techniques. Une fois, une panne de la pompe a entraîné une fuite d’eau. Aucun des volontaires n’était en mesure de gérer ce problème et nous avons dû faire appel à un expert. Cela nous a permis d’apprendre à réagir rapidement en cas de besoin, en écrivant sur place comment réagir et qui contacter en cas de tel ou tel problème.

Opportunités pédagogiques

L’implication de la communauté locale est primordiale pour que le projet soit soutenu, subventionné et bénéficie d’une bonne participation. Pour s’assurer d’une participation régulière, il est très important que le projet délivre des opportunités d’apprentissage et de développement personnel. Dans notre solution, elles prennent la forme d’ateliers pédagogiques ou de « Work Party », où les gens sont invités à apprendre auprès des volontaires les plus assidus, participer au développement de la forêt comestible, planifier des évènements, prendre le leadership, etc.

Les work party mensuelles sont l’occasion d’acquérir des compétences pratiques, à travers des travaux pratiques et des échanges sur les problèmes rencontrés individuellement. Parmi les activités proposées, on retrouve : faire un compost, un hôtel pour les abeilles solitaires, transformer les déchets en ressources, faire son propre dentifrice, et plus encore.

Les opportunités pédagogiques permettent aussi de bénéficier de la participation des écoles et des universités. Beaucoup d’écoles nous sollicitent pour des visites. Les enseignants, comme les élèves, peuvent venir y découvrir les tendances du monde réel et bénéficier d’un mode d’apprentissage holistique sollicitant équitablement l’usage de la tête, des mains et du cœur.

  1. Organiser des évènements amusants et pédagogiques incluant des activités pratiques et de réflexion.
  2. Patience et respect des différences individuelles : il n’existe pas une unique façon de faire dans une forêt comestible, chaque a le droit d’apprendre et de travailler différemment. Le respect et la patience garantissent le succès et la bonne marche d’un atelier pédagogique.
  3. Une sensibilisation active peut aider à faire passer le mot et à attirer plus de participants et d’enseignants potentiels.

Il est primordial de former de plus gros groupes de personnes engagés sur le projet, afin d’éviter que celui-ci ne soit abandonné en cas de baisse de participation. Nos premiers participants sont les personnes âgées vivant près du site. Et si celles-ci sont très dévouées à son entretien, elles ne sont pas toujours en mesure d’organiser des opérations de sensibilisation ou des activités pédagogiques. Nous avons donc décidé d’inviter les écoles environnantes à organiser des plantations d’arbres, en vue d’attirer de nouveaux volontaires toutes générations confondues. Les enseignants étaient satisfaits de cette opportunité pédagogique, tandis que les enfants et leurs parents se rendaient régulièrement sur le site pour prendre soin de leur arbre.

Les évènements à portée pédagogique doivent être attractifs et transposables dans la vie quotidienne des participants. Il est aussi important de former un groupe d’apprentis agréable et motivant que de trouver un sujet attractif.

 

 

Un processus participatif

La forêt comestible de Hsinchu résulte d’un processus participatif impliquant plusieurs parties prenantes de la ville : la mairie, les gens du quartier, des organismes communautaires, des écoles, et même ceux qui étaient susceptibles de ne pas aimer le projet au départ. Pour avoir le soutien et la participation du public, il faut que chaque étape de la mise en place du projet s’inscrive dans une démarche participative. Nous avons consacré 30 heures à familiariser les gens du quartier avec ce concept, et nous avons même invité les co-fondateurs de la forêt comestible de Seattle à partager leur expérience avec la mairie et le public, ce qui a fortement joué sur le feu vert donné au projet. Nous avons aussi organisé une compétition pour collecter les idées du public quand au design du site, puis demandé à un paysagiste de combiner les meilleurs designs. Nous entretenons des rapports étroits avec les autorités, la population (et les médias) afin que l’ensemble des personnes impliquées soient tenues au courant de l’avancement du projet, et pour réagir rapidement lorsque quelqu’un soulève un problème qui n’a pas encore été abordé, comme le risque de chute dans la mare la nuit, problème auquel nous avons répondu en ajoutant des bordures végétales et des lumières à l’endroit concerné.

  1. Un groupe porteur du projet motivé, responsable, capable de négocier avec toutes les parties prenantes.
  2. Une attitude ouverte et positive pour surmonter les obstacles et les divergences d’opinion.
  3. Une compréhension totale du projet et des obstacles potentiels par toutes les parties prenantes.
  4. Le soutien de toutes les parties prenantes et membres de la communauté locale. C’est primordial si le projet se trouve sur une zone publique.
  5. Un design participatif : les gens du quartier doivent être consulté et impliqué dans le design.

Pour assurer la durabilité du projet, il est très important de compter sur le soutien du propriétaire du site, surtout s’il s’agit de la municipalité. Cela permet de surmonter beaucoup d’obstacles et d’apporter de la légitimité au projet. Pendant le processus, il faudra sûrement surmonter des divergences d’opinion ou des problèmes de comportements, parfois raisonnables et parfois non. Par exemple, certaines suggestions des plus âgés s’opposaient aux principes de « prendre soin de la terre » ou de « partage équitable ». Ils voulaient par exemple utiliser des pesticides contre les insectes, ou empêcher certaines personnes de participer aux activités. Tout en conservant une attitude positive pour essayer de maintenir pacifiquement tout le monde sur un pied d’égalité, nous avons eu du mal à faire appliquer ces principes, car nous ne faisons partie ni de la communauté locale, ni des autorités. Ces dernières ont donc leur rôle à jouer dans la gestion des conflits. Toutefois, cela peut ne pas être le cas si le projet se déroule dans un contexte différent.

Wutong Foundation
Asie de l'Est
Jane
Chen
Un processus participatif
Opportunités pédagogiques
Autonomie
Wutong Foundation
Asie de l'Est
Jane
Chen
Un processus participatif
Opportunités pédagogiques
Autonomie
Wutong Foundation
Asie de l'Est
Jane
Chen
Un processus participatif
Opportunités pédagogiques
Autonomie
GIZ/ACCES
Afrique de l'Est et du Sud
Vincent
Hornsperger
Analyse intégrée de la vulnérabilité au niveau national et local
Approche holistique et participative d’adaptation au CC
Adaptation, genre et autonomisation des femmes : une approche intégrée
Mesures innovantes d'adaptation au changement climatique
Adaptation, genre et autonomisation des femmes : une approche intégrée

Au Burundi, les inégalités de genre continuent de restreindre l’accès des femmes à la prise de décision, aux différentes ressources et bénéfices (éducation, information, propriété foncière, temps, emplois, crédit etc.) et la répartition équitable des tâches. Face à cette situation, les femmes deviennent plus vulnérables mais se retrouvent aussi écartées dans les efforts d’atténuation et d’adaptation aux effets du changement climatique.

Le projet ACCES a réalisé une étude sur l’analyse de genre dans ces zones d’action. L’évaluation de l’intégration des aspects genre dans la planification et la mise en œuvre des mesures d’adaptation, dans le système d’information et d’alerte précoce et dans les Plans Communaux de Développement Communautaires (PCDC) a permis d’évaluer la situation et formuler des recommandations. Une recommandation concernait l’approche des ménages modèles ACC. L’objectif est que les couples acceptent volontairement d’être formés afin de dupliquer les techniques, autres compétences et expériences acquises à travers le projet au sein de leurs ménages respectifs en matière d’ACC, en tenant compte que les femmes sont des puissants agents de changement et de développement afin de renforcer l’autonomisation des femmes.

Ressources humaines formées sur le GENRE et connaissant bien la culture et les traditions Burundaise (p.ex. point focal genre)

Analyse selon le genre comme base de l’intégration de la dimension de genre. Cette analyse devrait être menée à tous les niveaux et dans tous les domaines

Renforcement des capacités des membres des plates-formes communales sur le genre et son intégration dans l’analyse et l’évaluation des risques ainsi que dans le système d’information et d’alerte précoce.

  • La formation et la sensibilisation des ménages modèles (formation des agents de sensibilisation) est un préalable essentiel pour l’évolution des mœurs et des mentalités.
  • Montrer par l’exemple, est probablement la méthode la plus adaptée pour amorcer un changement dans la perception qu’on les hommes du rôle et des responsabilités de la femme au niveau du ménage et de la communauté en générale.
  • Produire une brochure ou un petit livret servant de guide de formation pour les ménages modèle permet de capitaliser les leçons apprises et est un produit qui servira de vecteur pour une future mise à l’échelle.
  • Se focaliser sur le qualitatif et non seulement sur le quantitatif afin de saisir les mécanismes sociaux et culturels qui freinent l’autonomisation des femmes (cad ne pas se limiter au nombre de femmes qui participent dans les activités mais aux processus de changement qui vont s’opérer au sein du ménage ou de la communauté).